2 Filles en Aiguilles All articles
Vie de filles

Lune rousse, laines douces : nos mailles obéissent-elles vraiment aux saisons ?

2 Filles en Aiguilles
Lune rousse, laines douces : nos mailles obéissent-elles vraiment aux saisons ?

Il y a toujours cette amie — vous savez, celle qui tricote des pulls en laine d'Écosse au cœur de la canicule d'août et qui jure que « c'est la bonne période, la laine attend ». Et il y a l'autre, qui range ses aiguilles dès les premiers rayons de soleil et ne ressort le fil de coton qu'à Pâques. Alors, entre les deux : superstition, tradition familiale ou pure logistique de placard ?

Chez nous, entre deux tasses de thé et une pelote qui s'emmêle toujours au pire moment, on s'est posé la question sérieusement. Enfin, aussi sérieusement qu'on sait le faire.

Ce que disent nos grands-mères (et ce qu'elles ont peut-être raison de dire)

Dans beaucoup de familles françaises, la règle était claire : on ne tricote « du chaud » qu'à partir de la Toussaint, et on arrête tout à la Chandeleur. Une lectrice, Josiane de Clermont-Ferrand, nous a même raconté que sa mère refusait de commencer une écharpe avant les premières gelées « pour ne pas attirer l'hiver ». La lune, elle aussi, a son rôle : certaines tricoteuses ne coupent jamais un fil en lune descendante, de peur — paraît-il — que le pull ne rétrécisse au lavage.

Est-ce que tout cela tient debout ? Évidemment que non, du point de vue technique. Une pelote ne connaît pas le calendrier. Mais ces rituels racontent autre chose : le tricot a longtemps été un travail saisonnier, rythmé par les récoltes de laine, les veillées d'hiver et les grands lavages de printemps. Nos grannies n'étaient pas supersticieuses, elles étaient organisées.

La vraie logique du panier à ouvrage

Parlons chiffres, mais gentiment. Une laine mérinos épouse la chaleur de vos genoux en décembre : tricoter un col roulé devant la série du soir, c'est un cocon. Le même projet en plein été, sans clim, relève du sport de combat. À l'inverse, le lin, le coton et le chanvre brillent de mai à septembre : fibres fraîches, mailles légères, tops et cache-cœurs parfaits pour les terrasses.

Autre argument moins connu : la disponibilité des fils. Beaucoup de marques françaises et européennes renouvellent leurs collections au printemps et à l'automne. Tricoter « avec les saisons », c'est aussi profiter des fils au meilleur moment de leur disponibilité — et éviter de craquer pour un coloris épuisé depuis trois semaines.

Nos lectrices ont leurs rituels (et ils sont formidables)

On a posé la question sur notre carnet et sur Instagram, et vos réponses nous ont régalées :

Trois approches, trois générations, une même passion. On vous laisse choisir votre camp.

Alors, faut-il suivre la lune ?

Notre verdict de filles à aiguilles : suivez plutôt votre envie et votre température ambiante. Le seul vrai « calendrier du tricot », c'est celui de vos projets. Si vous voulez porter votre pull en novembre, il faut le commencer en septembre — compte tenu de notre rythme (on ne va pas se mentir), disons plutôt en juillet. Si votre lin attend sagement dans le panier, il sera parfait au retour des beaux jours.

Cela dit, on a un faible pour une seule règle venue d'en haut : celle qui veut qu'aucune laine achetée en foire ne reste seule plus d'un an dans le placard. Ça, c'est une superstition qu'on adopte sans hésiter.

Et vous, vous tricotez selon les saisons ou selon les coups de cœur ? Racontez-nous en commentaire — les meilleures histoires finiront peut-être dans un prochain article, entre deux mailles.

All Articles

Related Articles

Aiguilles sorties du placard : la génération qui tricote sans demander la permission

Aiguilles sorties du placard : la génération qui tricote sans demander la permission

Et si on arrêtait de tricoter « pour elle » ou « pour lui » ?

Et si on arrêtait de tricoter « pour elle » ou « pour lui » ?

Trois mois sans acheter un seul vêtement : notre défi automnal 100 % fait maison

Trois mois sans acheter un seul vêtement : notre défi automnal 100 % fait maison