Retro & mailles : redécouvrez les points d'antan version 2025
Il faut qu'on vous raconte notre dernière trouvaille : un carnet de tricot retrouvé dans la maison de la grand-mère de Camille, à Lyon. Entre les pages jaunies, un patron de cardigan court daté de 1963, des échantillons de point de riz et une note manuscrite : « prévoir une pelote de plus, on ne sait jamais ». On a décidé de le tricoter. Et franchement ? Ces anciens patrons ont du bon, à condition de les moderniser un peu.
Pourquoi les années 50-70 inspirent autant nos aiguilles
Cette époque, c'est l'âge d'or du tricot domestique en France. Les femmes tricotaient des pullis bien taillés, ajustés, avec des finitions soignées : emmanchures montées, cols montagne qui tiennent tout seuls, ceintures tricotées en point mousse. Les points fantaisie — losanges, torsades fines, point de blé — donnaient du relief sans demander des kilomètres de laine.
Ce qui nous plaît aujourd'hui, c'est la silhouette : courte à la taille, structurée, facile à porter sur une robe ou un jean taille haute. Très 2025, non ?
Adapter un patron vintage : nos trois réflexes
1. Vérifier la jauge, toujours. Les fils d'époque étaient souvent plus fins (3/28, 5/2... des unités qui n'existent plus vraiment). Tricotez un échantillon de 10 x 10 cm avec votre laine actuelle et recalculez le nombre de mailles. Règle simple : si votre échantillon est plus large que celui du patron, prenez des aiguilles plus fines ou changez de taille.
2. Remplacer la laine sans remplacer l'esprit. Un fil mérinos ou une laine gérée en double épaisseur donnera un résultat plus souple et plus doux que les laines rigides d'antan. Pour un cardigan court, visez un DK ou aran selon le patron.
3. Moderniser les finitions. On adore les boutons en corozo, les bords côtelés en liséré i-cord, ou un léger oversize sur les manches pour casser le côté rétro trop strict.
Le patron adapté : mini-cardigan « Point de Blé »
Voici notre version retravaillée, taille S à L, à tricoter en une pièce jusqu'aux emmanchures.
Fournitures : 4 à 5 pelotes de laine DK (environ 450 m), aiguilles 4 mm, 5 boutons de 18 mm.
Échantillon : 20 mailles x 28 rangs = 10 x 10 cm en point de blé.
- Le dos : montez 84 mailles. Tricotez 4 rangs en point mousse, puis en point de blé (1 end., 1 env. au rang impair ; tricotez les mailles glissées à l'end. au rang pair) sur 38 cm.
- Les devants (x2) : montez 44 mailles chacun. Même structure, en ajoutant une lisière boutonnière : 4 mailles en point mousse, boutonnières tous les 6 cm.
- Les manches : montez 48 mailles, augmentez d'1 maille de chaque côté tous les 6 rangs, 8 fois. À 42 cm, assemblez tout sur une aiguille (raglan simplifié) ou tricotez à plat et cousez — les deux marchent.
- Le col montagne : relevez 96 mailles autour de l'encolure, tricotez 12 cm de côtes 2x2, rabattez souplement. Repliez-le : effet cocon garanti.
Comptez deux ou trois soirées-série pour le corps, une de plus pour les manches. On vous avait prévenus : prévoyez une pelote de plus.
Chinage : où dénicher la laine d'époque
Le plaisir du vintage, c'est aussi la chasse au trésor. Nos coins favoris :
- Les vide-greniers et brocantes de province : on y trouve encore des pelotes neuves dans leur emballage d'origine, souvent vendues 1 ou 2 € pièce.
- Les Emmaüs et ressourceries textiles : vérifiez l'étiquette — une laine 100 % pure en bon état, c'est rare et précieux.
- Les ventes de clubs de tricot dissous : certaines paroisses ou MJC ont des stocks entiers de laine des années 70 à prix symbolique.
Un conseil de copines : lavez toujours la laine chinée avant de tricoter (bain tiède, une goutte de shampooing, séchage à plat). Et si le fil est fragile, tricotez-le en double avec un fil contemporain — c'est ce que nous avons fait pour notre cardigan, et le rendu est superbe.
Alors, prêtes à ressortir les carnets de nos grands-mères ? Montrez-nous vos versions en commentaire, on adore voir vos mailles d'antan revisitées !