Fini les pulls flottants : notre méthode maison pour tricoter enfin à VOS mesures
Photo: woman measuring knitting sweater with tape measure, via c8.alamy.com
On va être honnêtes entre nous : notre premier pull, on l'a tricoté en taille M « parce que c'est notre taille en boutique ». Résultat ? Un pull qui portait comme une tente, manches façon pâtes fraîches et encolure si haute qu'on se grattait la gorge toute la journée. Deuxième essai, taille S. Un pull façon crop top surprise, à porter uniquement avec un débardeur en dessous. Troisième essai : enfin le bon.
Ce qu'on a compris depuis ? Un patron commercial n'est pas une ordonnance. C'est un point de départ. Et avec trois mesures bien prises et quelques réflexes simples, vous pouvez l'adapter à votre corps réel — pas à celui des grilles de tailles.
Le mètre ruban, votre meilleur allié (et celui de votre copine)
Première règle absolue : on ne se mesure JAMAIS soi-même. Penchée en avant pour lire le mètre dans le miroir de la salle de bain, on fausse tout. Invitez une copine, servez-vous du café, et mesurez-vous mutuellement. C'est d'ailleurs comme ça qu'on a écrit cet article : un mètre ruban dans une main, un croissant dans l'autre.
Les mesures qui changent tout :
- Le tour de poitrine, au point le plus fort, bras le long du corps, sans serrer le ruban ni le laisser flotter.
- La longueur d'épaule à épaule : d'un bout d'os à l'autre, dos bien droit.
- La longueur de bras, bras légèrement plié, de l'épaule jusqu'à l'os du poignet. Le coude plié ajoute de la longueur — c'est exactement ce qu'il faut pour ne pas se retrouver avec des manches trop courtes.
- La longueur totale souhaitée, de l'épaule jusqu'à l'endroit où vous voulez que le pull s'arrête (bassin, taille, mi-cuisses : aucune honte, c'est votre pull).
Notez tout dans un carnet ou une note téléphone, et gardez-le précieusement. Ce sont vos mesures de référence à vie, à refaire une fois par an quand même, soyons sérieuses.
L'aisance : le mot-clé que les patrons oublient d'expliquer
Voici le secret que personne ne nous a expliqué au début : un patron de taille M ne fait pas 92 cm de tour de poitrine. Il en fait souvent 100, voire 105. Cette différence s'appelle l'aisance, et c'est elle qui détermine comment le pull tombe.
- Aisance négative (le pull mesure moins que vous) : effet moulant, style pull près du corps. Il faut une laine avec de l'élasticité.
- Aisance positive de 5 à 10 cm : le tombé classique, celui qu'on recommande pour un premier pull.
- Aisance de 15 cm et plus : l'oversize assumé, parfait sur un modèle sans coutures, mais attention à ne pas se noyer.
La méthode simple : regardez dans la fiche technique du patron le tour de poitrine fini du vêtement (souvent indiqué en cm, tailles S à XL). Comparez-le à vos mesures + l'aisance souhaitée. Si le patron dit « taille M = 104 cm fini » et que vous faites 92 cm de poitrine, vous aurez 12 cm d'aisance. Trop flottant pour vous ? Passez à la taille S.
Les trois erreurs classiques (et comment les éviter)
L'encolure qui étrangle ou qui tombe
Si vous avez un cou un peu long ou des épaules tombantes, une encolure ronde standard peut devenir un piège. Deux solutions simples : montez quelques mailles de moins aux épaules et répartissez-les dans les emmanchures, ou prévoyez une encolure en V plus profonde dès le début. Notre astuce testée : tricotez toujours l'encolure en dernier, après avoir essayé le corps du pull sur vous. On ne vous dira jamais assez la puissance d'un essayage à mi-tricot.
Les manches trop courtes (le grand classique)
Une manche qui remonte au lavage, c'est le cauchemar. La faute revient souvent au jauge : 2 mailles de différence sur 10 cm, c'est 8 cm de trop sur un pull adulte. Tricotez TOUJOURS votre échantillon, lavez-le, séchez-le à plat, mesurez-le. Oui, c'est chiant. Non, on ne le fera jamais assez.
Ensuite, si vos bras sont longs par rapport à la grille, ajoutez quelques rangs avant la manche montée. Le pli du coude est votre ami : il « mange » naturellement un peu de longueur.
La longueur totale ratée
Un pull qui s'arrête pile à l'endroit le plus large du bassin, c'est le pire endroit possible — il remonte et il fronce. Deux options : raccourcir pour s'arrêter à la taille, ou allonger de 5 à 8 cm pour passer sous le bassin. Dans les deux cas, c'est une adaptation facile : il suffit d'ajouter ou de retirer des rangs dans le corps, avant les diminutions finales.
Notre checklist avant de monter la première maille
- Mesures prises à deux, notées noir sur blanc.
- Échantillon tricoté, lavé, mesuré. Pas de négociation.
- Taille choisie selon le tour de poitrine FINI du patron, pas selon votre taille en prêt-à-porter.
- Aisance vérifiée : entre 5 et 10 cm pour un premier pull.
- Longueur totale adaptée à votre silhouette.
- Un essayage prévu à mi-parcours, aiguille circulaire pour maintenir les mailles.
Et si malgré tout, le résultat n'est pas parfait du premier coup ? Râlez une bonne fois, ouvrez une bouteille de rosé, et rippez. C'est aussi ça, le tricot : on apprend à chaque maille. Et croyez-nous, le pull numéro deux sera celui que vos copines vous piqueront dès le premier froid.
Alors, prêtes à sortir le mètre ruban ? Dites-nous en commentaire quelles sont vos mesures de rêve pour votre prochain pull — et si vous voulez un article dédié sur l'adaptation des emmanchures, on s'y met !