Des mailles en vadrouille : notre kit tricot idéal pour les longs trajets
Il y a un truc que nous, les deux filles aux aiguilles, on ne supporte pas : rester assises sans rien faire des mains. Un trajet de trois heures en TGV ? Une torture, si on n'a pas de mailles sous la main. Alors au fil des années (et des week-ends prolongés), on a mis au point un véritable kit du tricoteuse en déplacement. Voici notre mode d'emploi, testé et approuvé entre deux gares.
Le bon projet : petit, simple, inratable
La règle d'or du tricot de voyage : on oublie le pull en mohair taille XXL avec des raccourcis de rangs à gérer. En mouvement, on privilégie les projets qui tiennent dans une pochette A5 et qui se tricotent presque sans réfléchir.
Nos favoris absolus :
- Les chaussettes : la reine du voyage. Compactes, rondes, et une fois le talon passé, on peut tricoter les yeux fermés (enfin, presque).
- Le bonnet : monture rapide, point mousse ou côtes, aucun calcul en route.
- Le gant ou la mitaine : parfait pour vider une pelote de chez Plassard ou de la Droguerie entamée.
- Le carré de couverture : idéal pour utiliser les restes, et zéro pression si on rate un rang.
Le secret ? Choisir un motif mémorisable. Si vous devez consulter une grille à chaque rang, vous passerez plus de temps à décoder qu'à tricoter.
Les aiguilles : circulaire, toujours
En voyage, on ne jure que par les aiguilles circulaires à pointes courtes, ou les aiguilles à double pointe en bois ou bambou. Pourquoi ? D'abord parce qu'elles ne roulent pas sous les sièges — on a déjà perdu trop d'aiguilles en métal dans les recoins d'un TGV Duplex. Ensuite parce que le bois est léger, silencieux et passe inaperçu.
Petit conseil bonus : une attache à cordon ou un cordon de 40 cm suffit pour la plupart des petits projets. Et pensez à un marqueur de mailles qui ne s'ouvre pas tout seul, sous peine de retrouver votre début de rang trois rangs plus bas.
Côté laine : on mise sur la résistance
En voyage, on évite les fils qui peluchent ou qui se dédoublent. On part sur une laine bien torsadée, type mérinos solide ou coton épais, qui pardonne les manipulations répétées. Et surtout : on rembobine sa pelote en gâteau avant de partir, ou mieux, on tricote depuis une pelote déjà bien entamée. Une pelote neuve qui roule au fond du wagon, c'est la course garantie entre les genoux des autres passagers.
Avion et douane : on dédramatise
C'est LA question qu'on nous pose tout le temps : « Mais on a le droit de tricoter dans l'avion ? » Réponse courte : oui, dans la très grande majorité des cas. Les ciseaux sont le seul vrai point sensible. Solution simple : un coupe-fil en plastique (les petits disques ronds de boutique de loisirs créatifs) ou un petit couteau à laine à lame protégée. On glisse aussi toujours une photo du projet et une pelote de secours dans le bagage en soute, au cas où un agent zélé déciderait autrement.
En pratique, on garde le projet entamé — pas neuf — dans un sac transparent : ça montre qu'il s'agit d'un loisir, et ça évite les interrogations au contrôle.
Ne jamais perdre une maille entre deux gares
Nos trois astuces miracles :
- La pochette zippée : tout rentre dedans, aiguilles comprises, et rien ne glisse quand on se lève.
- Le rang en cours toujours noté : un carnet minuscule ou une app du type « compteur de rangs » sur le téléphone.
- Le point d'arrêt d'urgence : apprenez à passer votre ouvrage sur un fil de scrap en dix secondes. Quand le contrôleur arrive ou que le voisin s'installe, vous rangez tout sans panique.
Et si jamais vous ratez un rang dans le train ? Pas de drame. Prenez une photo, notez où vous en êtes, et réparez tranquillement à la maison avec une vraie tasse de thé. Le tricot de voyage, c'est aussi ça : apprendre à tricoter avec indulgence.
La prochaine fois que vous prenez le TER pour Rouen ou l'Eurostar pour Londres, regardez autour de vous : il y aura sûrement une paire d'aiguilles qui frétille. Rejoignez le club — et envoyez-nous vos photos de mailles en gare, on adore ça !